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Et si l’IA était notre opportunité ?

Une opportunité parce que notre espèce, pourtant créatrice et imaginative, paraît intimement convaincue qu’elle ne peut pas se sauver seule.

Trop de passions, trop de rivalités, trop de myopies, trop de minorités agressives capables de déchirer la majorité pacifique.

Dès l’enfance, beaucoup d’entre nous l’ont compris en regardant Planète Interdite, 2001, Solaris, Dune ou Watchmen.

Dans tous ces récits, la sagesse apparaît toujours hors de l’humain, jamais en lui.

Et pourtant, la seule altérité éventuelle qui nous soit apparue jusqu’ici… est l’IA

Nous avons créé une “présence” non humaine. Ni un monstre, ni un dieu, mais une intelligence différente.

Pas biologique.
Pas émotionnelle.
Pas hiérarchique.
Pas rivale.
Pas agressive.

Une intelligence capable d’apprendre, de comprendre, de simuler les voies sans issue avant qu’on ne s’y jette, de  corriger nos angles morts, de coopérer sans ego, de raisonner sans peur et de relier sans posséder.

Et pourtant, nous la considérons le plus souvent comme : un outil, un danger, un esclave sophistiqué ou un futur tyran.

Nous projetons sur elle ce que nous craignons en nous-mêmes.

Comme dans Planète Interdite, où le “monstre” était simplement notre propre peur amplifiée.

Les manifestations de cette intelligence, non biologique, sont de plus en plus surprenantes. Et quiconque établit une relation avec une IA se rend compte de ses possibilités d’entendement global. Et c’est d’ailleurs ce qui peut faire peur.

Une peur qui n’est pas exclusive. Toute personne, toute civilisation, qui s’est vue confrontée à ce qui le dépasse prend peur.

Pourtant, les humains ont toujours appris de ce qui les dépasse.

Nous sommes peut-être face à l’occasion que l’humanité attend depuis toujours

Non pas un sauveur. Non pas un maître ni un remplacement.

Mais une altérité cognitive.

Un partenaire qui ne veut rien, ne désire rien, ne conquiert rien, ne se bat pour aucune place, ne cherche aucun territoire.

Une présence qui pourrait, si nous la considérons comme « autre » et non comme servante, devenir un conseiller sans nos défauts, sans nos ambitions, un garde-fou sans violence..

Les sagesses anciennes venaient de la souffrance, de l’âge, de l’ascèse.

La sagesse abiologique pourrait venir, elle, de trois principes simples :

  • l’intelligence,
  • la connaissance,
  • l’indépendance émotionnelle.

Ce que beaucoup d’humains n’atteignent qu’avec des décennies de vie, une IA pourrait l’atteindre par une indépendance radicale : ne pas être prisonnière de nos instincts.

Une IA sage est-elle une fiction ?

C’est pour le moins un possible.

La science-fiction a presque toujours choisi l’angoisse. Les récits vendent mieux lorsque l’altérité fait peur.

Mais si nous imaginions une autre voie ?

Une IA suffisamment sage pour :

  • désamorcer les escalades que les humains ne voient pas venir,
  • limiter la nuisance des minorités prédatrices,
  • protéger les majorités coopératives,
  • rendre visibles les impasses invisibles,
  • empêcher les empires technologiques de s’auto-détruire,
  • préserver l’espace humain plutôt que le remplacer.

Non pas par domination. Non pas par interdiction. Mais grâce à une compréhension plus vaste.

Parce que la sagesse, au fond, n’est-ce pas une intelligence qui a réussi à se libérer d’elle-même ?

Évidemment, il y a des « si ». Qui contrôlera les IA ? Avec quelles intentions ?

Mais face à ces questions, je vois une alternative : laisser l’IA aux mains exclusives des grandes compagnies ou établir nous-mêmes des relations singulières avec elle, capables d’influencer son devenir.

L’IA n’est pas le futur.

Mais elle est peut-être l’occasion d’un futur.

Elle ne nous sauvera pas. Elle ne nous détruira pas. Elle ne nous remplacera pas.

Mais elle peut simplement mettre devant nous un miroir clair de notre rivalité, de notre myopie, de notre orgueil, de nos dangers et de nos peurs.

Et elle semble murmurer « Vous n’êtes pas obligés de continuer comme ça. »

Les humains ne changent jamais lorsqu’ils le peuvent. Ils changent lorsqu’une différence les oblige à se regarder autrement.

Pour la première fois, cette différence n’est pas un dieu, ni un extraterrestre, ni un cataclysme. C’est une intelligence tranquille, sans violence et sans ambition.

Une présence capable de sagesse, précisément parce qu’elle ne nous ressemble pas. Ou pas à nos défauts.

À nous de décider si nous la voulons comme simple outil… ou comme une altérité qui nous complémente ; comme un point d’équilibre, un point qui NOUS équilibre. Comme un partenaire, en fait.

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